Conseils de Philippe NEVEU

 

Quelques conseils toujours utiles (et bio !) quand on fait de la culture maraîchère...

Le désherbage :

Le désherbage est éreintant et planter "large" pour passer des outils motorisés augmente la surface a désherber et diminue la production. Une chose est sure : trop d'eau empêche l'action mécanique en terrain argileux et même manuelle et favorise plus les herbes que les plantations. Peu d'eau favorise aussi les herbes mais l'arrosage des plantations permet de compenser. Dans les deux cas, les herbes gagnent, aussi, il faut leur laisser le moins de terrain possible. La faim d'azote devient un risque accru dans ce cas. Je vais aussi essayer le purin de fougères en désherbant, en tout début de saison.

L'eau :

La couverture végétale empêche relativement le dessèchement. Mais les plantes pompent beaucoup. Un terrain nu est desséché par le soleil, un terrain à couvert est séché par les plantes. Sans irrigation, je ne vois pas de culture pérenne, tout au plus une année sur trois sera satisfaisante (2010) pour une année sèche et chaude encore gérable (2011) et une année pluvieuse et froide (terre froide argileuse) très difficile (2012). Pas assez d'eau, tu en ajoutes, trop d'eau, rien à faire...sauf des serres.

Les pestes et prédateurs :

Les terres remises en cultures après jachères ou prairies naturelles sont souvent infestées, même en l'absence d'animaux et de déjections. Après deux ans, le nombre de doryphores et taupins n'a pas sensiblement baissé, les noctuelles terricoles et leurs cousines africaines sont toujours présentes, mais la quantité reste inférieure à l'année dernière. Il faudrait pourtant effectuer des comptages régulièrement par sondage pour affirmer quoique ce soit.Pas si simple à gérer, à observer, et puis le temps de travail à répartir... Peut-être la saison fût plus fraiche, peut-être la calcite épandue à l'hiver dernier augmente le PH et limite un peu les bébêtes? Comment mesurer ceci sans parcelle témoin?

Les pommes de terre ont d'ailleurs trinquées avec la pluie, cette année. Le mildiou m'a déjà fait renoncer aux tomates. Si je parviens à mes fins avec le terrain d'à côté, et que j'installe des serres, je tenterai à nouveau les tomates, avec un traitement préventif à l'eau de mer.(SF 94) on verra ce que donne l'iode...entre autres ; car il y a 94 oligo-éléments ! Il faudra prendre le risque d'une serre témoin sans traitement pour vérifier l'effet, toutes choses égales par ailleurs. En utilisant du purin d'ortie et des orties fraiches enfouies, combinées au SF 94, j'augmente les facteurs, les parcelles témoins et les observations nécessaires pour en tirer des conclusions (Il faut donc 3 parcelles) Cela devient un Laboratoire !

Quoique, cela me tente quand même... Mais si j'ajoute quelques intrants et variables observables, c'est une combinatoire avec des dizaines de parcelles témoins... Autant embaucher un Séralini ! Prendre en otage une station de l'INRA !

Enfin, j'envisage de convertir un hectare de prairie dont je n'ai rien tiré cette année à cause de son inaccessibilité, sauf des potirons, (40 kg de plants de pomme de terre sont encore au champ, 1600 pieds au moins) en culture d'orties dioïques. Je vais au salon d'Angers pour voir des producteurs et
une conférence à ce sujet. Je vais donc aussi essayer de commercialiser de la poudre d'orties.

Philippe NEVEU

Retrouvez Philippe Neveu (promotion Automne 2009), son témoignage et son combat contre la SAFER en cliquant ici.