FAST ou SLOW ?

 

FAST ou SLOW : à vous de choisir ! Actuellement notre civilisation a choisi FAST sans savoir où cela la mène d’aller toujours plus vite. Elle commence à comprendre et voir les conséquences mais ne sait pas comment changer. Le mouvement SLOW est une alternative très intéressante, qui se décline sur plusieurs activités. Nous connaissons tous Slow Food, voici Slow Money qui est développé en France par Aymeric JUNG.

 

SLOW MONEY : Réunir des investisseurs privés pour soutenir l’économie locale et la coopération entre acteurs d’un Système Local de Nourriture

Peut-on voir quelques bonnes nouvelles et des changements positifs malgré une grave crise internationale financière, économique et politique depuis 2008.  Ces difficiles dernières années ont révélé dans beaucoup de pays, développés aussi bien qu’en voie de développement, les limites du pouvoir de l’Etat et de ses marges de manœuvre pour le soutien à sa population. Certes l’Etat peut donner des directions de développement et favoriser de grandes réalisations mais partout très endetté, il a de moins en moins la possibilité de motiver une population dans de nouveaux projets économiques ou de lui donner la capacité de se prendre en main. C’est même désormais l’inverse et on constate aujourd’hui les limites de l’Etat providence dans les pays occidentaux.

Le plus souvent, c’est l’initiative privée qui est à l’origine du développement et cette initiative privée a besoin d’être motivée. Elle peut être soutenue par de la philanthropie cependant une nouvelle tendance est apparue récemment, le soutien par l’investissement privé, personnes individuelles ou personnes morales.

La bonne nouvelle réside dans le fait que ce n’est pas de la spéculation mais de l’investissement à long terme réalisé par des personnes visionnaires qui souhaitent créer un impact social et environnemental auprès d’une population donnée ou dans un secteur cible. C’est de l’Impact Investing, une solution nécessaire et indispensable pour fournir des capitaux à une échelle que l’argent public, les ONG ou la philanthropie ne peuvent plus atteindre.

Chaque jour les petites entreprises luttent pour créer de la richesse et servir leurs clients. C’est d’avoir un travail et un rôle social qui permet à un individu de structurer son existence et de s’épanouir, surtout si c’est un travail qu’il aime au sein d’une entreprise dont il est moteur, et au service d’une communauté dont il est acteur. Passer par les petites entreprises de l’économie sociale et solidaire pour développer une ville, une population et une région permet d’amener une approche qualitative à la société en plus d’une croissance économique soutenable. L’investissement individuel et la responsabilité sociale sont aujourd’hui compatibles et doivent être reliés. C’est exactement notre proposition avec Slow Money pour (re)-construire les Systèmes Locaux de Nourriture et renforçer la coopération entre acteurs économiques d’un territoire.

Slow Money Francophone (SMF) s’intègre aux différents mouvements Slow qui consistent à ralentir une activité jugée à la dérive ou aux conséquences potentiellement néfastes (comme le Fast Food contre lequel a été crée à l’origine Slow Food). Il s’agit alors de privilégier la qualité à la quantité. Slow Money vise donc la mise en place d’un Capital Patient différent de la spéculation.

Inspirée par le  livre de Woody Tasch publié en 2009 « Slow Money: Investir pour que la nourriture, les fermes et la fertilité du sol soient prises en compte », l’Alliance Slow Money cherche à encourager le financement des petites entreprises locales de la Nourriture. C’est à dire soutenir les producteurs, transformateurs ou distributeurs en facilitant leur rencontre avec des partenaires, personnes privées ou morales,  pouvant leur apporter une aide au financement direct et au développement stratégique. La mise en relation aux sein d’un territoire permet d’atteindre un niveau optimal de sécurité alimentaire, d’autonomie et donc de résilience ainsi que “ la mobilisation des professionnels, des décideurs publics et de la population, autour d’un projet de bassin de nourriture  par analogie avec les notions de bassin de vie ou de bassin-versant*

Trop souvent éloignées des secteurs privés de financement comme les Business Angels ou les fonds d’investissement, ces entreprises ont recours aux subventions ou aux emprunts bancaires. Un partenariat avec des investisseurs partageant leur vision sociale et environnementale prend alors tout son sens pour construire une entreprise durable et profitable. Slow Money sert alors de passerelle grâce à son réseau de partenaires pour faciliter ces financements directs et apparaît alors comme un acteur complémentaire de l’épargne militante tels que Terre de Liens, les Cigales, ou le crowdfunding.

Cela passe par des Clubs d’Investisseurs et des investissements privés directs, coordonnés  par des membres et partenaires de Slow Money. Slow Money Francophone est une association sans but lucratif. Elle ne prête pas de capitaux ni ne sollicite des investisseurs.

Un accompagnement typique de Slow Money Francophone  est de permettre à un acteur économique de s’étendre localement sur sa chaine de valeur. Par exemple permettre à un producteur agricole de faire de la transformation sur place de ses produits ou à un transformateur de distribuer au client final.

 

POURQUOI AGIR AVEC SLOW MONEY FRANCOPHONE ?

Slow Money soutient des projets qui vont aider à changer les mentalités et les comportements. Concrètement des entreprises montrent que produire et vendre autrement, en respectant son environnement et sa communauté, peuvent être profitable. Elles doivent être aidées, servir d’exemples et avoir les moyens de se développer.

D’après G.B Shaw “dans la vie, il y a deux catégories d’individus: ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi? Ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et qui se disent pourquoi pas ?”

Slow Money propose une autre vision de l’économie et de l’investissement. L’année 2008 a montré la fragilité de notre système. La crise actuelle est loin d’être résolue car, plus qu'une crise classique, il semble que nous abordions une véritable mutation économique, financière, sociale, sanitaire et écologique.

Notre vision favorise les projets communs et la coopération au sein d’une même région pour une juste répartition de l’effort et des richesses. Un autre paradigme est possible, plus juste et soutenable et il est de notre devoir de le rendre visible et efficient.

Aymeric JUNG, Responsable Slow Money France

 

* Comme le montre Raphaël Souchier dans  « Made in Local, Emplois, croissance, durabilité : et si la solution était locale » Eyrolles, Paris, en septembre 2013.  www.madeinlocal.info