Commentaires de l’article « La verite sur le bio » du Figaro Magazine 23 fevrier 2013

 

Le bio entre dans les médias comme il est entré dans la grande distribution. Et maintenant chaque magazine hebdomadaire publie un spécial bio une fois par an. L’intérêt pour les lecteurs est de provoquer une remise en question de nos habitudes.

Face à ces questions, deux attitudes sont possibles :

  • La croyance ! Chacun reste dans son camp sans comprendre.

  • L’ouverture d’esprit ! Chacun vérifie par lui-même ; cela est possible avec son intelligence et son bon sens.

Voici des pistes pour ne pas dépendre du jugement invérifiable des « experts ».

 

Le bio est-il meilleur pour la santé ? Non, dit Le Figaro

Soit on accepte ce que dit le journaliste, soit on vérifie :

  • Scientifiquement :

dans ce cas je vous renvoie à la réponse de Claude Aubert plus compétent que moi sur les arguments scientifiques

  • Je fais appel à mon bon sens :

en résumé c’est quoi le bio ? C’est l’absence de produit chimique de synthèse.

La question devient : les produits chimiques de synthèses sont-ils bons pour la santé ?

-  Si vous répondez Oui, et bien manger du non bio.

-  Si vous répondez Non, et bien manger plutôt du bio

Chacun est libre de manger comme il veut. Reste le problème de santé publique : je vous recommande de participer à la grande enquête Nutrinet Santé en cours sur les conséquences de l’alimentation sur la santé. Dans quelques années, nous saurons qui est en meilleure santé : les bio ou les non bio.

 

Le bio est il plus économe en énergie ? A démontrer dit Le Figaro

C’est compliqué à démontrer effectivement. Partons de l’hypothèse que les deux types d’agricultures consomment autant d’énergie. Cependant, pour fabriquer les produits chimiques de synthèses, il faut de l’énergie. On peut donc en conclure, sans débat scientifique, que le bio consomme moins d’énergie puisqu’il n’utilise pas de produit chimique de synthèse.

 

Le bio est-il meilleur au gout ? Subjectif dit Le Figaro

Bien évidemment cela dépend de chacun, certains préfèrent le goût dénaturé des produits chimiques de synthèse ajoutés, d’autre préfèrent un goût naturel, d’autres ne ressentent rien.

 

Le bio est-il ami de la biodiversité ? Pas si sûr dit Le Figaro

Ceux qui ont connu nos campagnes d’avant l’utilisation en masse des produits chimiques de synthèse dans l’agriculture peuvent voir la différence. Allez vous-mêmes voir une ferme bio et une ferme industrielle, vous verrez la différence au niveau de la flore et la faune.

 

Le bio est-il garant de qualité ? Sans garantie dit Le Figaro

Commençons par définir ce qu’est la qualité ? C’est le respect des exigences du client final. Pour ceux qui choisissent de manger bio, la 1ère qualité qu’ils recherchent est l’absence de produit chimique de synthèse.

 

Les contrôles bio sont-ils rigoureux ? Non, dit Le Figaro

On peut toujours contester la garantie des contrôles dans le bio comme dans le non bio. Il y a quand-même une différence : le bio subit les contrôles habituels, comme tous les autres produits agricoles, et en plus les contrôles spécifiques au label bio, on a donc plus de garantie.

 

Le bio est-il local ? Pas seulement dit Le Figaro

A l’origine, les fondateurs du label bio n’ont pas pensé, ou pas voulu, mettre la notion de local dans le label bio. Ceux qui préfèrent manger local peuvent facilement trouver des réseaux de distribution qui s’engagent à s’approvisionner le plus près possible du consommateur.

 

Le bio coute-il plus cher ? Le double dit Le Figaro

Il n’y a pas que le bio qui est cher dans les produits alimentaires. La vraie question est : payons nous le vrai prix de notre alimentation en général ? Si on décidait d’intégrer dans le prix, par exemple :

  • les subventions de l’état,

  • les dégâts causés à l’environnement par l’agriculture,

  • le vrai cout de l’eau alors que les agriculteurs paient moins cher que les particuliers,

les prix de tous les aliments non bio serait sans doute le double.

Les personnes qui veulent manger bio sans dépenser plus savent comment faire, il suffit de manger autrement : moins de viande par exemple, et surtout manger moins. Vérifiez par vous-même avant de croire ceux qui vous disent que c’est impossible.

Et les personnes qui n’ont que le revenu minimum, vous allez dire ? Ce n’est pas aux agriculteurs de financer la solidarité alimentaire, mais à l’ensemble de la collectivité de permettre à ceux qui n’en n’ont pas les moyens de manger bio s’ils en ont envie.

Prenons un autre exemple rigolo : les personnes qui veulent absolument manger de la viande à tous les repas deviennent végétariennes sans le savoir. En effet, s’ils veulent payer le moins cher possible, les distributeurs peuvent remplacer partiellement la viande par des produits végétaux qui coutent moins chers. C’est d’autant plus facile que le consommateur préfère des produits pré-cuisinés ; il ne peut donc contrôler ce qu’il mange puisqu’il est possible de mettre des produits chimiques de synthèse qui donnent un goût de viande.

 

En conclusion : le débat est surtout de permette à chacun de s’alimenter comme il l’entend ; il ne faut pas cacher la provenance et le contenu des aliments. Il ne faut pas empêcher tous les types de productions agricoles d’exister. Quand au gouvernement, il a en charge la responsabilité collective de veiller à ce que certains ne soient pas tentés de détruire notre environnement pour produire plus pas cher.

 

JeanYves Fromonot, redaction www.IntelligenceVerte.org